« Pour établir l’équivalent monétaire du préjudice, les principes établis par les articles 1084 à 1086 du Code civil de 1864 s’appliquent, ce qui signifie que le dommage doit inclure les pertes réelles et le manque à gagner, la réparation se limitant aux seuls dommages prévisibles lors de la conclusion du contrat, c’est-à-dire les dommages directs en lien de causalité avec le fait générateur.

Le manque à gagner (lucrum cessans) doit être certain tant en termes d’existence que de possibilité d’évaluation, condition qui n’a pas été remplie dans cette affaire par la simple mention de la somme réclamée par l’appelant-requérant et d’un calcul selon ses propres moyens, sans référence à des facteurs objectifs permettant de déterminer concrètement les dommages causés. »

Dans cette affaire portée devant la Cour pour jugement, celle-ci a également constaté que les autres conditions requises par la loi pour établir la responsabilité du défendeur n’ont pas été prouvées, bien que l’ordre de payer les dommages demandés ait été donné : acte illicite, lien de causalité entre l’acte et le préjudice et faute.

Étant donné que l’appelant-requérant n’a pas prouvé qu’il avait subi un préjudice autre que celui résultant des retards de paiement, lequel a été entièrement réparé dans les conditions prévues à l’article 19.2 du contrat, en payant les pénalités de retard, la Cour ne trouve aucun motif d’admettre la demande de compensation pour perte de revenus.

L’appelant n’a pas prouvé son allégation de résiliation de mauvaise foi du contrat d’approvisionnement par le défendeur, ni des avenants signés par les parties.

L’appelant n’a pas prouvé le respect des conditions légales et conventionnelles permettant d’obliger le défendeur à verser des dommages et intérêts d’un montant de 1 258 068 lei, au titre du manque à gagner.

Compte tenu des motifs exposés qui démontrent qu’il n’était plus nécessaire d’examiner les autres circonstances de fait, qui ont été réitérées dans le présent appel sans lien direct avec les arguments retenus dans le jugement contesté, la Haute Cour estime qu’il n’y a pas lieu d’annuler ou de modifier cette décision et, par conséquent, rejettera l’appel comme non fondé. »