En justifiant l’exception d’inconstitutionnalité, il est démontré que le texte critiqué discrimine les personnes dont les poursuites ont commencé sous l’ancien Code de procédure pénale ou qui ont conclu une négociation de plaidoyer, pouvant invoquer l’absence d’assistance juridique obligatoire à tout moment de la procédure pénale, et les personnes poursuivies conformément au Code de procédure pénale actuel, qui peuvent invoquer l’absence d’aide juridique obligatoire jusqu’à la clôture de la phase préliminaire. On soutient qu’il n’existe aucune base juridique justifiant cette différence de traitement entre les catégories de personnes mentionnées, qui se trouvent dans la même situation juridique.

Selon l’article 171, paragraphe 2 du Code de procédure pénale de 1968, « l’assistance juridique est obligatoire lorsque le défendeur est mineur, admis dans un centre de réadaptation ou dans un établissement médico-éducatif, lorsqu’il est détenu ou arrêté même dans un autre cas, lorsque la mesure de sécurité de l’hospitalisation a été ordonnée à son encontre ou qu’un traitement médical a été ordonné même dans un autre cas, ou lorsque l’enquête pénale ou le tribunal estime que l’accusé ou le défendeur ne peut pas assurer sa propre défense, et dans d’autres cas prévus par la loi ». Selon le paragraphe (3) du même article, « pendant le procès, l’assistance d’un avocat est obligatoire dans les affaires pour lesquelles la loi prévoit des peines d’emprisonnement à vie ou d’emprisonnement de 5 ans ou plus ».

Selon l’article 90 du Code de procédure pénale actuel, l’assistance juridique est obligatoire : a) lorsque le suspect ou l’accusé est mineur, admis dans un centre de détention ou dans un centre éducatif, lorsqu’il est détenu ou arrêté, même dans un autre cas, lorsque la mesure de sécurité de l’hospitalisation médicale a été ordonnée à son encontre, et dans d’autres cas prévus par la loi ; b) si l’instance judiciaire estime que le suspect ou le défendeur ne peut pas assurer sa propre défense ; c) pendant le procès dans les affaires pour lesquelles la loi prévoit une peine d’emprisonnement à vie ou une peine d’emprisonnement de plus de 5 ans.

La Cour constate que « selon les deux textes, l’obligation d’assurer l’assistance juridique dans les affaires pour lesquelles la loi prévoit une peine d’emprisonnement de 5 ans ou plus [en supposant l’article 171, paragraphe 3 du Code de procédure pénale de 1968] et de plus de 5 ans [en supposant l’article 90 du Code de procédure pénale], est prévue uniquement pendant le procès, et non pendant la phase de poursuite pénale, étape procédurale à laquelle se trouve l’auteur de l’exception d’inconstitutionnalité au moment où elle soutient que les autorités chargées des poursuites étaient tenues de désigner un avocat commis d’office pour elle. Par conséquent, au moment indiqué, il n’y avait aucune obligation incombant aux poursuites de nommer un avocat dans l’affaire soumise à résolution, l’auteur de l’exception ayant le droit d’être assisté par un avocat choisi conformément à l’article 171, paragraphe 1 du Code de procédure pénale de 1968 ».

Selon l’article 29, paragraphe 1 de la loi n° 47/1992 sur l’organisation et le fonctionnement de la Cour constitutionnelle, « la Cour constitutionnelle statue sur les exceptions soulevées devant les tribunaux ou les tribunaux d’arbitrage commercial concernant l’inconstitutionnalité d’une ordonnance ou d’une loi qui a un lien avec la résolution de l’affaire à n’importe quelle étape de la procédure et quel que soit son objet ». Or, compte tenu des considérations mentionnées ci-dessus, le sujet de cette exception d’inconstitutionnalité est sans rapport avec l’affaire, puisque l’auteur n’était pas dans l’obligation de bénéficier d’une assistance juridique obligatoire à la phase de poursuite pénale, de sorte qu’il ne peut pas invoquer l’inconstitutionnalité des dispositions sanctionnant le non-respect de ces obligations. Pour cette raison, cette exception est irrecevable.