L’article 6 de la loi n° 241/2005 prévoit que « constitue un délit et est passible d’une peine d’emprisonnement d’un an à six ans de détention le fait de retenir et de ne pas déclarer, intentionnellement, dans les 30 jours suivant la date d’échéance, les montants représentant les impôts ou cotisations ».

Dans son argumentation, la Cour constitutionnelle a statué que les dispositions légales en question sont une expression de l’article 23, paragraphe (12) de la Constitution, selon lequel « aucune peine ne peut être établie ou appliquée si elle n’est pas conforme à la loi », ainsi que celles de l’article 73, paragraphe (3) h), qui réglemente la compétence du législateur pour établir des infractions pénales, des peines et leur exécution. Dans ce contexte, la Cour a noté que tout acte normatif doit remplir certaines conditions qualitatives, parmi lesquelles la prévisibilité, c’est-à-dire qu’il doit être suffisamment précis et clair pour être appliqué. De même, la Cour européenne des droits de l’homme a statué que la loi doit être effectivement accessible aux plaideurs et prévisible quant à ses effets.

La Cour constate également que « le texte législatif doit être clair, fluide et intelligible, sans difficulté syntaxique et sans passages obscurs ou ambigus », et que « les actes normatifs doivent être rédigés dans une langue et un style propres aux actes normatifs juridiques, concis, sobres, clairs et précis, afin d’éliminer tout doute, dans le strict respect des règles de grammaire et d’orthographe ».

À partir de l’examen des dispositions légales en matière fiscale en relation avec la loi n° 241/2005, la Cour constate qu’elle ne précise pas spécifiquement quels sont les revenus soumis à retenue à la source, se limitant simplement à mentionner sporadiquement, par exemple, « la retenue à la source représentant des paiements anticipés pour certains revenus provenant d’activités indépendantes », « les revenus sous forme de récompenses sont imposés par retenue à la source, avec une part de 16% sur le revenu net réalisé pour chaque récompense » ou « les payeurs de revenus soumis à la retenue à la source, à l’exception des payeurs de revenus provenant de salaires en vertu de ce titre, doivent soumettre une déclaration concernant le calcul et la retenue à la source pour chaque bénéficiaire de revenu aux autorités fiscales jusqu’au dernier jour de février de l’année en cours pour l’année précédente ».

La Cour constate également que, selon l’article 6 de la loi n° 241/2005, ne pas soumettre intentionnellement, dans les 30 jours suivant la date d’échéance, les montants représentant les impôts ou la retenue à la source constitue un délit passible d’une peine d’emprisonnement d’un an à six ans de détention, mais ni dans cet article ni ailleurs dans la loi ou d’autres lois mentionnées, la notion « d’impôts ou de retenue à la source » n’est définie.

En conclusion, la Cour constate que les dispositions contestées ne sont pas conformes aux exigences constitutionnelles concernant la qualité de la loi, en ne respectant pas les critères de clarté, de précision, de prévisibilité et d’accessibilité, étant contraires à l’article 1, paragraphe (5) de la Constitution. Par conséquent, en admettant le recours en inconstitutionnalité, l’article 6 de la loi n° 241/2005 ne représente plus un délit et n’est plus sanctionné par une peine d’emprisonnement.

Depuis la publication de la décision de la Cour constitutionnelle dans le Journal officiel, la disposition déclarée inconstitutionnelle est suspendue pendant 45 jours après sa publication dans le Journal officiel, période pendant laquelle la disposition n’est plus applicable. Dans le cas où, pendant les 45 jours, le parlement et le gouvernement n’ont pas émis de réglementation pour modifier cette disposition de la loi, l’article 6 de la loi n° 241/2005 devient inopérant et ses effets juridiques sont définitivement cessés.