Ce projet de décret modifiant le Code fiscal, respectivement l’ordonnance d’urgence n° 46/2014 modifiant et complétant la loi n° 571/2003 concernant le Code fiscal, publié dans le Journal officiel n° 475 du 27 juin 2014, exige la restructuration des prêts de la manière suivante :

  • La restructuration sera accordée à ceux qui ne présentent aucun retard de paiement ou dont les retards ne dépassent pas 90 jours.
  • Diminution de plus de 35 % des mensualités, mais pas plus de 900 lei (ou l’équivalent en monnaie étrangère, si le prêt est en devise étrangère) pour une période ne dépassant pas 2 ans.
  • La durée initiale du prêt sera prolongée de la période pendant laquelle la réduction des mensualités est appliquée, au maximum 2 ans.
  • Les montants déduits seront répartis sur une période équivalente à celle pendant laquelle la réduction des engagements a été accordée (c’est-à-dire au maximum 2 ans), à partir de la période où la réduction n’est plus appliquée.
  • Après la fin de la période de réduction des mensualités (maximum 2 ans), les emprunteurs bénéficieront de la même période (maximum 2 ans) pour une déduction fiscale supplémentaire. « La déduction mensuelle est accordée après la fin de la période de réduction des mensualités et correspond à cette période, mais ne peut être inférieure à 900 euros/mois », précise l’ordonnance.
  • La personne qui demande une restructuration doit être titulaire d’un contrat de crédit en cours à partir du 31 mai 2014, quelle que soit la date d’octroi du crédit.
  • Les personnes ayant des revenus inférieurs ou égaux à 2 200 lei bruts sont éligibles.

Actuellement, le gouvernement souhaite modifier certaines dispositions pour aider ceux qui ont des prêts en francs suisses, espérant ainsi que les banques seront tentées de les adopter. Ainsi, en relevant le plafond à 3 000 lei, comme le propose le gouvernement, environ 77 % des personnes ayant des prêts en devise suisse seront éligibles. Il est également souhaité d’augmenter la déduction spéciale pour les crédits de 900 à 1 500 lei par mois, ce qui équivaut à une réduction maximale de l’impôt sur le revenu de 240 lei par mois. De plus, la déduction spéciale ne s’appliquera plus après une période de deux ans, mais dès le mois suivant la restructuration du prêt.

Le ministre des Finances, Darius Valcov, a déclaré : « Nous pouvons rendre les dispositions plus flexibles afin qu’elles puissent entrer en vigueur à partir du 1er mars de cette année, et ceux qui demandent une restructuration peuvent intégrer le programme dès le premier trimestre » (selon ziuanews.ro).

Il a également mentionné que cette mesure devrait compléter les programmes individuels des banques et a déclaré que la Banque nationale de Roumanie devait intervenir et faciliter les discussions entre les clients et les institutions financières.

Jusqu’à présent, trois banques ont mis en place des programmes d’aide aux Roumains ayant des prêts en francs suisses :

  1. La Raiffeisen Bank a annoncé qu’elle réduirait les taux d’intérêt pour ses clients ayant des prêts en devise suisse.
  2. La Volksbank a déclaré qu’elle gèlerait le taux de change auquel la mensualité des prêts en francs suisses est payée au taux enregistré l’année dernière. La mesure sera valable pendant trois mois.
  3. La OTP Bank a annoncé qu’après une analyse de l’historique et des conditions actuelles des clients, elle accorderait une réduction temporaire de jusqu’à 1,5 point de pourcentage sur la marge d’intérêt des prêts en francs suisses à taux variable, le tout pour une période de trois mois.

Le Comité du Budget et des Finances s’est réuni à la Chambre des députés le 21.01.2015 pour discuter des solutions pour les Roumains ayant des prêts en francs suisses, affectés par l’appréciation de plus de 15 % de la monnaie suisse. L’ordre du jour portait sur l’appréciation des prêts en francs suisses dans cette monnaie, avec la participation de représentants de la banque centrale, de l’Association roumaine des banques, du ministère des Finances publiques et de l’ANPC (l’Agence nationale pour la protection des consommateurs).

Lors de cette réunion, la loi sur la conversion des prêts a également été remise en question. Il s’agit d’une proposition de conversion des prêts en francs suisses, selon laquelle, à la demande des clients, la conversion du solde de ces prêts serait effectuée en appliquant le cours de conversion médian déterminé par une moyenne arithmétique des taux mensuels moyens du mois jusqu’à la conversion du prêt.

Cependant, le directeur de la supervision de la BNR, Nicholas Finch, a déclaré : « Toute décision de conversion à un taux de change différent de celui de la date de la transaction entraîne des pertes pour les banques. Il n’est pas possible de résoudre cela par un acte établissant une conversion à un autre taux que celui de la date de la transaction ! (…) Il y a des banques qui pourraient faire faillite si la conversion est effectuée au cours historique. Et ce ne sont pas une ou deux banques qui risquent la faillite ! Quelqu’un a dit que le volume de prêts en francs suisses n’est pas un risque systémique, mais la faillite d’une banque en est un » (selon mediafax.ro).