La question préjudicielle posée à la Cour avait le contenu suivant : « Considérant que, conformément à l’article 4, paragraphe 2, de la directive 93/13/CEE, la justesse des termes ne peut concerner, d’une part, la définition de l’objet du contrat et, d’autre part, l’adéquation du prix ou de la rémunération en ce qui concerne les services ou les fournitures de biens en échange, d’autre part, dans la mesure où ces termes sont en clair, intelligible, (…) puis les notions d' »objet » et/ou de « prix » de l’article 4, paragraphe 2, de la directive 93/13/CEE peut être interprété en ce sens que ces notions comprennent, par les éléments constituant le contre-paiement de l’établissement de crédit, et que l’IEA du contrat de prêt garanti par une hypothèque, consiste principalement en intérêts fixes ou variables, les frais bancaires et autres coûts inclus et définis dans la convention de crédit?  »

Cette question a été soulevée sur l’existence de deux contrats conclus par des prêts consommateurs avec la banque, dans lesquels des clauses contractuelles prévoyaient que la banque pouvait revoir le taux d’intérêt actuel, en cas de modification importante du taux du marché monétaire, le taux actualisé communiqué aux consommateurs, ainsi que la prise de risque mensuelle.

Suite à l’entrée en vigueur de GEO no. 50/2010, qui interdisait l’imposition de commissions de risque, la banque a demandé aux consommateurs de signer un avenant par lequel la commission de risque a été remplacée par une commission de gestion, sans modifier les clauses qui stipulaient cette commission. Essentiellement, on n’a pas supprimé la commission des risques, on l’a simplement remplacée par la commission d’administration.

Compte tenu de ces questions, les consommateurs, estimant ces clauses injustes, ont intenté une action en justice contre la banque, afin d’établir la nullité des conditions injustes.

La Cour de justice, analysant la question préliminaire à laquelle elle a été investie, a décidé que « l’article 4, paragraphe 2, de la directive 93/13/CEE du 5 avril 1993 sur les clauses abusives dans les contrats de consommation doit être interprété en ce sens que les termes « objet (principal) du contrat » et « l’adéquation du prix et de la rémunération, d’une part, aux services ou aux fournitures de biens en échange, d’autre part » ne couvre pas, en principe, les types de clauses figurant dans les contrats de crédit conclus entre un vendeur ou un fournisseur et des consommateurs, tels que ceux en question, qui, d’une part, permettent, sous certaines conditions, au créancier de modifier unilatéralement le taux d’intérêt et, d’autre part, fournir une « commission de risque » prise par eux. Il appartient toutefois à la juridiction de renvoi de vérifier cette qualification des clauses contractuelles mentionnées, compte tenu de la nature et des stipulations générales des contrats couverts et du contexte juridique et factuel dans lequel ils sont enregistrés. «